Agapornis pullaria

De toutes les espèces d’Agapornis détenues en captivité, l’inséparable à tête rouge est vraiment un cas particulier

Aire de répartition :

Toute l’Afrique centrale depuis la sierra Léone

à l’ouest jusqu’à l’Ethiopie à l’est du continent,

soit au total plus de 10 fois la France.

Mœurs à l’état sauvage :

On en distingue 2 sous espèces que nous décriront plus loin.

Loin d’être rare à l’état sauvage, cette espèce est rarissime en cage, et sa reproduction reste exceptionnelle. C’est pourtant le plus proche parent du roseicollis: témoin son croupion bleu pâle et ses plumes de queue vertes barrées de rouge et de noir, et aussi leur habitude commune à transporter des brindilles dans leurs plumes pour la confection du nid.

On les rencontre principalement à l’orée des forêts ou dans les zones légèrement boisées des savanes jusqu’à 1300 mètres d’altitude, où par groupes de 15 à 30 et parfois plus ils passent leurs journées au sol et dans les hautes herbes en quête de nourriture, n’hésitant pas à s’accrocher la tête en bas pour attraper les précieux grains, mais ne dédaignent pas les fruits, bourgeons et autres baies.

On a signalé quelques cas de migrations et des bandes de plusieurs centaines d’oiseaux s’abattent parfois sur un champ de blé ou de millet qu’ils ravagent  au passage.

L’Agapornis pullaria est la plus ancienne espèce du genre a avoir été décrite puis importée en Europe. C’est en effet en 1758 que le célèbre naturaliste Suédois Carl von Linné lui donna son nom actuel en référence au latin “pullus” (jeune animal) et “arius” (semblable) que l’on peut traduire par “semblable à un jeune oiseau”...comprenne qui pourra.

Dès sa découverte l’oiseau reçut de nombreux noms: Psittacule moineau, Perruche poussine et même Perruche moineau de guinée avant de devenir inséparable à tête rouge.

Cependant d’après une peinture du 16ème siècle représentant “la dame à l’oiseau”, il semblerait bien que notre pullaria était déjà détenu en captivité il y a plus de 450 ans!

En 1829 le Roi de Westphalie en possédait dans sa collection et la première reproduction semble avoir eu lieu en Allemagne en 1868 chez le docteur Karl Russ.

 

Description :

La forme nominale agapornis pullaria pullaria décrite par Linné en 1758 semble la plus répandue puisqu’on la rencontre depuis la Guinée à l’extrême ouest de l’Afrique jusqu’au sud est du Soudan à l’opposé du continent.

Mesurant environ 15 cm, mâles et femelles sont nettement différenciables.

Chez le mâle, la face les joues et le front sont rouge orangé. Le corps est vert, jaunâtre sur la face ventrale et beaucoup plus vert sur le dos. La bordure de l’aile est bleu foncé au niveau de l’épaule avec ça et là quelques plumes bleu ciel.

Le dessous de l’aile est noir, le croupion bleu ciel, le bec rouge vif, les yeux brun foncé avec un cercle oculaire formé par une bande étroite de petites plumes bleues et blanches. Enfin les pattes sont de couleur grise avec des ongles gris foncé.

La femelle quoique de taille semblable, diffère du mâle par une face rouge orange plus pâle, l’absence de bleu sur les bordures des ailes et surtout un dessous des ailes vert et non noir.

La sous espèce Agapornis pullaria ugandae ne fut découverte qu’en 1908 par Neumann en Ouganda. On la rencontre seulement à l’est de l’Afrique.

Cette variété est légèrement plus grande que la précédente et diffère surtout par un croupion bleu très pâle et très discret.

 

Elevage en captivité :

Jusqu’à la fin des années 60, l’espèce était importée en très grand nombre et relativement connue auprès des amateurs. Les deux sous espèces se rencontrent mais il n’est pas toujours aisé de former des couples de race pure vu le peu d’oiseaux disponibles. Aujourd’hui les importations ne sont qu’exceptionnelles mais restent le seul moyen de se procurer ces oiseaux paisibles et pour une fois à la voix très douce.

Le pullaria est une espèce extrêmement délicate, surtout pour les oiseaux récemment importés qui doivent être entourés des plus grands soins.

Dans bien des cas, environ 3 mois après leur importation, on observe un très fort taux de mortalité sans raison apparente: les oiseaux se mettent à haleter, tombent de leur perchoir sur les flancs ou le dos et meurent. Une maladie virale encore inconnue et propre à l’espèce pourrait en être la cause. Ces oiseaux demeurent toute leur vie extrêmement sensible au stress, même si une fois acclimatés ils peuvent passer toute l’année en extérieur à condition de pouvoir s’abriter. Dans de grandes volières on pourra sans problème loger plusieurs couples ensemble. Une cause fréquente de mortalité chez ces oiseaux est l’hémorragie cérébrale suite à une frayeur. Ces oiseaux ne dorment qu’exceptionnellement dans un nichoir mais il est très courant de les voir dormir la tête en bas un peu comme les loricules. Disposer des branches dans le haut de la volière sera donc une excellente idée. Pour ce qui est de la nourriture, ces oiseaux sont assez hétéroclites puisqu’il n’est pas rare de les voir consommer des insectes comme de petits asticots et autres vers de farine.

Pour le rest, la nourriture est semblabel à celle des autres agapornis.

 

Reproduction:

Le principal problème avec les pullaria est que leur reproduction relève du miracle ou plutôt demande énormément de temps et d’observations. Dans la nature ces oiseaux nichent dans des termitières parfois à plus de 15 mètres de hauteur. Dans ces termitières, confectionnées par les insectes avec terres, excréments et salive, très compactes et très dures,  la femelle seule creuse un long tunnel( 40 cm à 1m) au bout duquel se trouve la chambre de ponte, souvent tapissée de feuilles transportées dans les plumes du croupion. Il est curieux de voir que les termites pourtant généralement très agressifs, lorsque l’on perturbe leurs nids, semblent tolérer la présence des pullaria. La ponte a lieu de mai à juillet pour A.p.ugandae et de septembre à octobre pour A.p.pullaria.

En cage, il est impératif de fournir aux oiseaux un nid remplis de matériaux très durs où la femelle pourra creuser son tunnel, sinon tout espoir restera vain.

Autre souci, la chaleur qui règne dans les termitières n’encourage pas les femelles à couver leurs oeufs avec assiduité, mauvaise habitude  que certaines semblent conserver dans nos volières. La solution la plus simple consiste à chauffer les nids avec des résistances chauffantes ou des ampoules infra-rouge ou céramiques.

Aussi compliqué que cela puisse paraître, l’inséparable à face rouge n’en demeure pas moins une espèce très intéressante, peu bruyante et joliment colorée qui visiblement semble en bonne voie de stabilisation depuis quelques années.

Ils peuvent vivre en petite cage de  80x40x40xcm, ce qui ne les empêche pas de s’intéresser au nid, mais doivent être tenus à l’écart des regards permanents et surtout loin des autres espèces bruyantes comme les roséïcollis.

On peut leur faire passer tout l’été dans une grande volière en compagnie de dizaines de perruches ondulées sans jamais constater le moindre signe d’agressivité.

Un sujet lutinos capturé au Cameroun a vécu chez un éleveur Portugais (la mutation serait récessive) où il a pu être photographié.

On a aussi entendu parler d’oiseaux bleus mais sans aucune certitude à ce sujet.