A. swindernanius

L’inséparable de Van Swindern ou Inséparable à collier noir. Mais on pourrait aussi le qualifier d’inséparable fantôme tant cet oiseau est mystérieux

Aire de répartition :

Du Libéria à l’Ouganda en passant par

le Nigeria le Gabon et le Zaïre.                                           

Soit une surface de plus de 6 fois la France

Mœurs à l’état sauvage :

Décrit pour la première fois en 1820 par Kuhl, il fut nommé ainsi en hommage au professeur hollandais Théodore Van Swindern de l’Université de Groningen. A l’heure actuelle on n’en sait guère plus à son sujet qu’il y a 182 ans, puisque cette espèce n’a jamais pu être introduite en Europe, ni même gardée en captivité plus de quelques jours. Seul son croupion bleu et ses plumes de queue vertes barrées de rouge et de noire sont là pour nous rappeler son appartenance au genre Agapornis comme le roseicollis ou le pullarius, espèces auxquelles il est très vraisemblablement apparenté.

De ce fait on a décrit 3 sous espèces de l’inséparable à collier noir.

         D’ouest en est, on trouve tout d’abord l’inséparable à collier noir du Libéria, Agapornis swinderniana swinderniana qui semble être la forme nominale, et qui est aussi la plus rare. Pour environ 13 cm de long, soit à peine plus grand que l’inséparable à tête grise A.cana, Mâles et femelles sont de couleur semblables et arborent un plumage vert sombre avec sur la nuque un collier noir doublé plus bas d’un collier rouge brun.

Contrairement à tous les autres Agapornis, A. swinderniana a le bec noir et l’iris de l’oeil est jaune vif.

         Au Cameroun, plus à l’est, on trouve la variété Agapornis swinderniana zenkeri, décrite à l’origine comme une espèce à part entière (Agapornis zenkeri), qui diffère de la précédente par un collier orangé et non brun sous le collier noir. Il semblerait que ce soit l’espèce la plus courante, ou plutôt la moins rare.

         Pour finir, au Zaïre et en Ouganda, isolée géographiquement, on rencontre la troisième forme Agapornis swinderniana emini, plus grande (15 cm) au collier noir doublé d’un collier jaune.

 

         Aussi étendue que soit son aire de répartition, il n’existe pas à l’heure actuelle la moindre photo d’un de ces oiseaux vivants. Les seuls clichés disponibles sont ceux d’oiseaux naturalisés et conservés dans différents musées. C’est pourquoi nous nous contenterons de les observer sous forme “aquarellistique”.

Si ces oiseaux n’ont jamais été capturés qu’en très petits nombres, c’est parce qu’ils sont très difficiles à localiser du fait de leur petite taille, de leur couleur vert sombre et de leur habitat forestier. Et oui fait unique chez les Agapornis ces oiseaux vivent à la cime des arbres dans les forets tropicales denses jusqu’à 2000 mètres d’altitude, en bandes de 15 ou 20 et ne descendent que rarement au sol. Ni oeufs ni nids n’ont jamais été observés, mais il y a fort à parier qu’ils nichent dans des cavités de branches creuses ou de termitières très haut dans les arbres, et très certainement qu’ils construisent un nid sommaire fait de quelques brindilles transportées dans les plumes du croupion comme A.roseicollis et A.pullaria.

La découverte de mâles aux testicules bien développés courant juillet ( selon Forshaw) semble indiquer que la reproduction a lieu vers cette époque de l’année.

         Leur régime alimentaire reste une énigme et notre connaissance se limite à ce que l’on a pu trouver en examinant le contenu du jabot d’oiseaux morts. Les graines de figues fraîches semblent constituer la base de leur alimentation, mais ils se nourrissent également de millets, de fruits, de maïs mi-mûr et surtout d’insectes et de leurs larves.

         Le père HUTSEBOUT, missionnaire Belge, aurait élevé quelques individus de l’espèce zenkeri, probablement au Congo, et mentionne que sans figues fraîches, les oiseaux meurent en seulement 3 ou 4 jours.

En 1979 un éleveur allemand de grande renommée, Siegfried BISCHOFF , entreprit de sa seule initiative un voyage vers les terres d’origines de l’Agapornis swinderniana, afin d’en savoir un peu plus à son sujet. Il aperçut seulement et sans en être certain quelques oiseaux qui volaient au loin, sans pouvoir affirmer qu’il s’agissait bien de swinderniana.

         Depuis, aucune autre mission n’a été entreprise, et à l’heure actuelle on ne connaît rien des effectifs de cette espèce à l’état sauvage.

La vaste aire de répartition de l’espèce limitera sans doute son déclin, mais son régime alimentaire visiblement très spécialisé la met en position délicate là ou rien ne semble en mesure de contrer la destruction massive d’une forêt très convoitée.

         Peut être qu’un jour une institution de renom comme la fondation Loro-parc s’intéressera à cette espèce. En attendant le mystère subsiste, et les nouvelles d’Afrique centrale sont rare mais n’a -t-on pas coutume de dire « pas de nouvelles, bonnes nouvelles... »